Autoentrepreneur et micro-entreprise désignent le même régime : depuis le 1er janvier 2016, il n’existe plus aucune différence juridique, fiscale ou sociale entre les deux. Le terme officiel est micro-entrepreneur, tandis qu’« autoentrepreneur » reste le mot courant pour parler du même dispositif.
Cet article revient sur l’origine des deux noms, sur ce que le régime recouvre (cotisations, impôt, plafonds) et sur sa place dans l’entreprise individuelle.
Deux noms, un seul régime depuis le 1er janvier 2016
Le régime de l’auto-entrepreneur a été créé à la fin des années 2000 pour simplifier la création d’une activité indépendante. Il coexistait alors avec le régime de la micro-entreprise, qui existait déjà côté fiscalité. Deux dispositifs voisins, deux vocabulaires : la confusion était inévitable.
Une loi de 2014 a réuni les deux. Depuis 2016, tous les micro-entrepreneurs relèvent d’un régime unique, et les anciens auto-entrepreneurs ont simplement changé d’appellation. Les mesures prises ensuite pour ce public, notamment avec les mesures de la loi PACTE pour les micro-entrepreneurs, s’appliquent donc à tous.
Quel terme employer aujourd’hui pour parler d’autoentrepreneur ou de micro-entreprise
Dans les textes, les formulaires et les démarches en ligne, on parle de micro-entrepreneur. Dans la conversation, « autoentrepreneur » s’est maintenu parce que le mot est entré dans l’usage avant la fusion.
Les deux termes sont donc interchangeables à l’oral. Pour un document officiel, un devis ou une facture, mieux vaut s’en tenir à micro-entrepreneur ou à micro-entreprise, et indiquer la mention de l’entrepreneur individuel, puisque l’activité s’exerce en nom propre.
Micro-entreprise : un régime, pas un statut juridique
La micro-entreprise n’est pas une forme juridique. Le statut juridique est celui de l’entrepreneur individuel (EI), qui accepte toutes les activités : commerciale, artisanale, libérale ou agricole. La micro-entreprise est un régime simplifié appliqué à cet entrepreneur, et elle exclut l’activité agricole.

Le mot « microentreprise » a aussi un sens statistique, distinct du régime : il désigne une catégorie de taille d’entreprise, définie par l’INSEE selon le nombre de salariés et le chiffre d’affaires. Une société peut donc être une microentreprise au sens de l’INSEE sans relever du régime du micro-entrepreneur.
Ce que recouvre le régime : micro-social et micro-fiscal
Le régime associe deux volets. Le micro-social calcule les cotisations en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, avec un taux qui dépend de l’activité. Sans chiffre d’affaires, il n’y a pas de cotisations à payer. Pour estimer ce montant avant de se lancer, une simulation des charges d’autoentrepreneur donne un ordre de grandeur.
Le micro-fiscal impose le bénéfice après un abattement forfaitaire : 71 % pour la vente et l’hébergement, 50 % pour les prestations de services commerciales et 34 % pour les professions libérales. Les frais réels ne sont pas déduits.
Il est possible d’opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Le taux est alors de 1 % pour le commerce, de 1,7 % pour les autres activités commerciales et de 2,2 % pour les activités libérales. L’option exige que le revenu fiscal de référence du foyer reste sous un plafond qui varie avec la composition familiale.
Ce qui reste dans la poche après cotisations et impôt se calcule avec le calcul du revenu net du micro-entrepreneur.
Plafonds de chiffre d’affaires du régime micro
Le régime s’applique tant que le chiffre d’affaires hors taxes reste sous deux plafonds. Pour 2026, ils sont de 203 100 € pour la vente et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. Pour une activité mixte, un plafond global s’ajoute à un plafond par activité.

Un dépassement n’entraîne la sortie du régime que s’il se répète deux années consécutives. Une année isolée au-dessus du seuil ne change donc rien au régime appliqué l’année suivante.
Qui peut en profiter et quand en sortir
Le régime est ouvert à la plupart des activités commerciales, artisanales et libérales, sauf les activités agricoles. Il se cumule avec un emploi salarié, sous réserve des clauses du contrat de travail comme l’exclusivité ou la loyauté envers l’employeur. Le micro-entrepreneur qui travaille en parallèle de son emploi doit donc lire son contrat.
On sort du régime de plein droit après deux dépassements de plafond consécutifs, ou volontairement en optant pour le régime réel. Une radiation intervient aussi après 24 mois sans chiffre d’affaires déclaré. Une société (EURL, SASU) devient plus adaptée quand les charges sont élevées et que la déduction des frais réels pèse davantage que la simplicité du régime.
Quel que soit le régime retenu, l’activité reste exposée à des risques que la comptabilité simplifiée ne couvre pas, d’où l’intérêt de se pencher sur les assurances professionnelles à prévoir avant la première facture.
Les plafonds et les taux cités ici correspondent à l’année 2026 et peuvent changer d’une année sur l’autre. La page de l’administration dédiée au micro-entrepreneur reste la référence à consulter avant de choisir.

