Créer facilement un diagramme de Gantt avec Open Office

Je voudrais vous souhaiter à tous une très bonne année et succès dans tous vos projets professionnels et personnels et je tiens également à remercier Farid Boulfoo du blog cadreexcellent.com pour cet article qui, au début de l’année, nous rappelle les règles essentielles d’une planification efficace.

Être nommé chef de projet du jour au lendemain, devoir élaborer un planning pour la semaine suivante… voilà de quoi faire monter la tension. Sur le papier, tout paraît simple. Mais quelques semaines après le lancement, le planning initial ne ressemble déjà plus à grand-chose. Un intervenant manque à l’appel, un livrable prend du retard, et toute la mécanique s’enraye. Parfois, l’erreur se glisse dès le départ : une tâche oubliée, une contrainte mal anticipée, et c’est l’ensemble du calendrier qui vacille. Rien d’étonnant à ce que la frustration s’invite rapidement à la table des réunions.

Si vous vous reconnaissez dans ces scénarios, deux constats s’imposent :

  • Premièrement : la plupart des chefs de projet vivent ces situations au quotidien, vous n’êtes pas seul.
  • Deuxièmement : il existe des méthodes concrètes pour éviter ces écueils et fiabiliser votre planification. Ici, l’exemple choisi concerne un projet informatique, mais la démarche s’applique à bien d’autres secteurs.

Pour établir une planification solide, suivez ces six étapes clés.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un rappel des principaux termes utilisés s’impose :

  • Problème(s) projet(s) : raison majeure ayant motivé l’entreprise ou le client à lancer le projet (ex : conquête d’un nouveau marché, adaptation à une nouvelle réglementation…)
  • Besoins : attentes à satisfaire pour relever les défis du projet (ex : création d’une nouvelle offre, refonte d’un parcours utilisateur…)
  • EB : Expression des besoins, document détaillant précisément ce qui doit être couvert
  • Exigence macro : formulation synthétique et globale des attentes (ex : refonte de la page d’accueil d’un site de vente…)
  • MOE : Maîtrise d’œuvre, c’est-à-dire les équipes ou partenaires qui réalisent concrètement le travail. Dans l’informatique, cela désigne architectes et développeurs.
  • Charges : effort nécessaire pour accomplir une tâche, exprimé en jours-homme, en budget ou en délai (ex : trois semaines requises)
  • SFD : Spécifications fonctionnelles détaillées
  • Intervenants : toutes les personnes ou entités impliquées dans le projet
  • Diapositive : support de présentation, par exemple avec PowerPoint ou Open Office
  • Slideware : ensemble complet des diapositives d’une présentation

Étape 1 : bien cerner les enjeux

Première étape, incontournable : comprendre précisément pourquoi le projet existe. Identifiez les véritables problèmes à résoudre, ceux qui justifient l’engagement de votre structure ou de votre client. Cette clarté facilite la priorisation, la structuration des chantiers et l’articulation des tâches à venir. Par exemple, si restaurer l’image de l’entreprise fait partie des enjeux, prévoyez davantage de temps pour la communication. Ne mélangez pas enjeux et besoins : les premiers motivent le projet, les seconds définissent ce qu’il faut réaliser pour y répondre.

Étape 2 : cadrer et formaliser les attentes

Après avoir clarifié les enjeux, échangez avec les porteurs du projet pour lister leurs besoins de façon globale. À ce stade, l’objectif n’est pas de détailler chaque exigence technique, mais d’établir un socle solide. Votre rôle dépasse la simple prise de note : aidez les demandeurs à se poser les bonnes questions, afin d’éviter les oublis qui viendraient chambouler le planning une fois communiqué. Un exemple : le client souhaite intégrer un nouveau parcours d’abonnement sur son site. À vous de vérifier s’il faut tracer les tentatives inachevées, réfléchir aux impacts cachés, et consigner ces attentes sous forme d’exigences macro. À la sortie de cette phase, vous disposez d’une liste claire de ce que le projet doit satisfaire.

Étape 3 : estimer charges et délais

Armé de vos exigences, vous passez à l’estimation des charges et des délais, en impliquant la MOE et les partenaires concernés. Quelques principes de base :

  • Inutile de demander à un développeur de minimiser le temps prévu sur une tâche stratégique pour le client.
  • Gardez en tête les enjeux globaux : négocier à la marge sur des tâches secondaires n’a pas de sens si le projet est structurant.
  • Comme lors du recueil des besoins, incitez votre MOE à questionner toutes les étapes, afin d’éviter les omissions.
  • Ne négligez pas le temps nécessaire à la relecture des documents (EB, SFD…). Même avec un cadrage rigoureux, il subsistera toujours des points à ajuster.
  • Pensez aussi à comptabiliser le travail de pilotage, les relectures et la coordination transversale.

Étape 4 : bâtir le planning initial

Vous avez rassemblé les charges, les contraintes de chaque intervenant et les délais imposés. Lors des premières étapes, certaines échéances se sont sûrement imposées d’elles-mêmes : lancement impératif d’un produit avant une date clé, mise en conformité réglementaire à respecter, etc. Avec tous ces éléments, vous pouvez élaborer une première version du planning, intégrant chaque contrainte. Pas besoin d’outils complexes : une feuille de calcul (Open Office ou Excel) suffit pour la majorité des projets. Pour présenter l’avancement lors des réunions, copiez votre planning ou créez une version plus synthétique à afficher sur une diapositive.

Étape 5 : optimiser et sécuriser le planning

Le premier planning est prêt ? Avant de le partager, prenez le temps d’affiner et de fiabiliser votre organisation. Quelques leviers à utiliser :

  • Anticiper les imprévus : repérez les tâches sensibles et prévoyez quelques jours de battement entre elles et les suivantes, pour compenser d’éventuels retards. Côté MOE, respectez les charges convenues : ces marges sont à gérer côté pilotage.
  • Explorez la possibilité de paralléliser certaines tâches pour accélérer l’ensemble.
  • Vérifiez que les jours à faible productivité sont bien intégrés :
    • Jours fériés : signalez-les explicitement.
    • Ponts potentiels : si un jeudi est férié, anticipez que certains collaborateurs pourraient poser le vendredi. Évitez de planifier des réunions décisives ces jours-là.
    • Pensez aux vacances scolaires et aux perturbations récurrentes dans les transports, qui peuvent ralentir les activités ou compliquer la tenue des réunions.

Étape 6 : obtenir l’adhésion de tous

Le planning est désormais optimisé et solide. Il reste à s’assurer que chacun s’y engage. Plusieurs options s’offrent à vous :

  • Envoyer un e-mail pour demander une confirmation écrite que le calendrier a bien été pris en compte.
  • Organiser une réunion officielle pour valider collectivement le planning, en présence de tous les acteurs concernés.

En appliquant ces six étapes, vous donnez à votre projet toutes les chances de respecter ses échéances. Après des années à jongler avec des plannings mouvants et des imprévus, je mesure l’impact de ces méthodes sur la tenue des délais. À chacun de les adapter à sa réalité.

Imageby BERTHON67 de Pixabay

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